Vendée Arctique : un mini-Vendée Globe vers le cercle polaire

Ce dimanche, Fabrice Amedeo prendra part à la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne, un tracé de 3 500 milles particulièrement exigeant avec le contournement de l’Islande. Le skipper de Nexans – Art & Fenêtres souhaite en profiter pour continuer l’apprentissage et gagner en sérénité à bord de son ‘foiler’.

Il est de retour sur les pontons des Sables d’Olonne. L’endroit est propice à raviver nombre de souvenirs, même si le mercure est certes plus élevé à cette période de l’année qu’à l’automne. C’est en effet là qu’il s’est élancé, à deux reprises déjà, pour le départ du Vendée Globe. La remontée du chenal, la côte vendéenne qui s’éloigne et le large qui tend les bras… Tous les ingrédients sont réunis pour une nouvelle mission excitante au large.

UNE NAVIGATION RICHE EN ENSEIGNEMENTS AVEC VINCENT RIOU

Pour Fabrice Amedeo, cette 2e édition de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne est l’occasion de parfaire son apprentissage à bord de Nexans – Art & Fenêtres dont les nouveaux foils, issus d’Hugo Boss, obligent à une nouvelle façon d’aborder la navigation. Début mai, il avait déjà participé à une première course, la Guyader Bermudes 1000 Race (19e). « Cette course était arrivée très tôt après la mise à l’eau, confie-t-il. Elle a révélé quelques petits soucis techniques, notamment en matière d’étanchéité des systèmes électriques que l’équipe s’est affairée à résoudre ». Ce travail collectif a notamment permis de « fiabiliser davantage le bateau » afin de « gagner en sérénité ».

Les sorties en mer qui ont suivi l’ont prouvé, notamment un long entraînement de 30 heures, Fabrice à la barre, en ‘faux-solo’ avec Vincent Riou à ses côtés. Le vainqueur du Vendée Globe 2004-2005 a déjà participé à des navigations depuis la mise à l’eau de Nexans – Art & Fenêtres mais jamais aussi longuement. Et entre Lorient, les Glénans et des bords vers le large, les enseignements ont été nombreux. « L’expérience de Vincent permet d’aller plus vite, plus loin, de continuer à démystifier la navigation », souligne le skipper. Il évoque notamment « l’approche technique et la sensibilité nécessaire » pour trouver les bons réglages avec ses foils qu’il peut rentrer et sortir en fonction des conditions. De cette longue navigation, il restera aussi des sensations marquantes comme ce bord « génial » sous spi, sur mer plate, à voler au-dessus de l’eau.

UNE COURSE « TECHNIQUE ET INTENSE »

Désormais, place donc à la compétition, aux 3500 milles à parcourir au fil de cette 2e course de la saison qui s’annonce « très engagée » et « particulièrement intéressante ». « Lors des transatlantiques, nous allons toujours à la rencontre des système météo avant de les accompagner, décrypte Fabrice. Là, on va traverser les systèmes dans un axe Nord/Sud. Il est donc possible de traverser un anticyclone et une dépression dans la même journée. Ce sera technique, intense, avec beaucoup de manœuvres ».

Un sacré défi sportif qui s’annonce « plus difficile qu’une transatlantique ». Dans de telles conditions, les objectifs sont bien définis. Fabrice souhaite « continuer à apprendre, faire preuve d’humilité et engranger de l’expérience ».  « Je ne veux pas me soucier des autres et faire mon petit bout de chemin en essayant d’être plus engagé qu’à la Guyader Bermudes 1000 Race ». En somme, la volonté affichée est de monter en puissance tout en conservant une impérieuse sérénité.

« ÇA VA ETRE FASCINANT »

Ce trajet inédit, avec le contournement de l’Islande et un passage à proximité du Groenland, permettra également de constater l’effet du réchauffement climatique là où les expéditions scientifiques s’aventurent peu. Grâce à ses capteurs embarqués, installés avec le soutien d’Onet, Fabrice continuera de collecter des datas en matière de microplastiques, de taux de CO2, de température de l’eau et de salinité. « Ce sont des zones où il y a peu de relevés, ce sera donc particulièrement pertinent de continuer la mission scientifique que nous avons commencée en 2019 avec nos partenaires : l’Ifremer, l’Université de Bordeaux, l’IRD, Geomar et le Max Planck Institute. »

Enfin, partir dans ces endroits méconnus est la certitude, aussi, d’en prendre plein les yeux. « On va monter en Islande en plein solstice d’été. Il fera donc jour 24 heures sur 24. Ça va être fascinant ». Jamais la flotte IMOCA n’est ‘montée’ autant au nord de la planète. Une multitude d’éléments qui ne font que renforcer sa motivation à l’heure de disputer ce « mini-Vendée Globe » en une quinzaine de jours.

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