Le défi de préparer le Vendée Globe en plein Covid

Fabrice Amedeo se prépare à prendre le départ de son deuxième Vendée Globe le 8 novembre prochain. Une dernière ligne droite qui s’apparente à une course d’obstacles sur fond de crise sanitaire du Covid-19. Car le navigateur le sait, s’il est testé positif juste avant le départ, il devra rester à quai et ce sont quatre années de travail qui s’envoleront en fumée. Explication.

Les skippers disent souvent que la première victoire sur le Vendée Globe est de franchir la ligne de départ. Cet adage prend encore plus de sens cette année alors que la deuxième vague de la pandémie rend compliquée la tenue d’un village départ et pèse sur la préparation des marins.

« Le confinement a été un coup d’arrêt brutal dans notre préparation et notre feuille de route en vue du Vendée Globe, explique Fabrice. Nous devions mettre le bateau à l’eau le 9 avril.  Finalement nous avons réussi à le faire seulement mi-juin mais n’avons pas été opérationnels pour naviguer avant début juillet ». Un retard qui a été depuis rattrapé grâce à l’engagement de Fabrice et de son équipe. « Un travail exceptionnel a également été réalisé par le département de la Vendée et la classe IMOCA pour organiser une belle course cet été malgré les circonstances. La Vendée – Arctique – Les Sables nous a permis de naviguer et de nous préparer à ce Vendée Globe. Nos bateaux sont jaugés, nous avons navigué : c’est assez incroyable vu le contexte ». Mais alors que son IMOCA 60’ Newrest – Art & Fenêtres est aujourd’hui quasiment en configuration pour prendre le départ du tour du monde, sans escale et sans assistance, de nouveaux défis attendent le skipper : ne pas attraper le virus pour pouvoir franchir la ligne libératrice le 8 novembre à 13h02.

Des mesures ont en effet été annoncées la semaine dernière par la SAEM Vendée aux concurrents :

– Les équipes techniques devront se soumettre à un test PCR hebdomadaire pendant le village. Les personnes testées positives ne pourront plus travailler sur les bateaux.
– Les équipes auront une allée de circulation distincte de celle du grand public pour accéder aux bateaux.
– L’avitaillement pour la course devra être embarqué 72 heures avant le départ et désinfecté.
– Le bateau devra systématiquement et totalement être désinfecté.
– Pour le skipper et ses proches, un test sérologique sera réalisé le 31 octobre et deux tests PCR les 31 octobre et 6 novembre.
– Le skipper devra rester confiné strictement 7 jours avant le départ.
– L’équipage à bord pour la remontée du chenal et la phase de départ devra être confiné 48 heures.
– Un skipper positif au test PCR ne pourra pas prendre le départ.
– Si un membre de son équipe ou l’un des proches du marin est positif, le bateau restera à quai au moins 7 jours après le départ de la flotte, « le temps nécessaire pour réaliser deux tests PCR et tout test complémentaire », indique la SAEM Vendée. A la différence d’autres sports où les concurrents peuvent être testés le soir après l’épreuve, les marins partiront seuls pour trois mois en mer, ce qui impose des règles naturellement strictes.

« Ces mesures sont légitimes mais lourdes de conséquences, explique Fabrice Amedeo. Une grande rigueur s’impose de ma part et de celle mon équipe pour pouvoir prendre le départ. Je suis déjà un peu confiné : j’évite les lieux publics fermés, la conférence de presse du Vendée Globe aujourd’hui est une exception. Je ne vois plus d’amis. Nous n’allons pas attendre que le bateau soit aux Sables d’Olonne pour le désinfecter régulièrement, tout comme nos outils de travail. Nous réfléchissons actuellement à un protocole qui nous sera propre : avoir des membres de l’équipe dans des logements différents aux Sables, leur faire éviter tout lieu public, réaliser des tests PCR réguliers en plus de ceux demandés par l’organisation de la course. Bien sûr, seule l’équipe pourra monter à bord du bateau. Personne n’est à l’abris d’une catastrophe. Nous devons absolument tout faire pour l’éviter. Si je devais rester à quai le 8 novembre, ce serait une catastrophe pour moi mais nous devrons relativiser : nous avons beaucoup de chance de faire ce métier, de réaliser nos rêves d’aventure. Des femmes et des hommes, des familles, ont beaucoup souffert cette année ».

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