Amedeo-Berrehar : « On peut tirer notre épingle du jeu »

De l’excitation, de l’enthousiasme et même une pointe d’impatience. Fabrice Amedeo et Loïs Berrehar ont hâte de s’élancer ce dimanche à bord de l’IMOCA Nexans – Art & Fenêtres pour la Transat Jacques Vabre, le rendez-vous incontournable de cette fin de saison. L’approche du jour-J, leur complicité, la météo qui les attend… Les deux marins se confient avant le grand départ. 

Il y a chez eux une complicité alimentée par un respect mutuel. Fabrice Amedeo, 43 ans et une 5e participation à la Transat Jacques Vabre au compteur, s’apprête à s’élancer ce dimanche avec Loïs Berrehar, 28 ans, formé au Figaro et fraichement désigné Skipper Macif, dans la lignée de marins prestigieux. S’ils n’ont pas pu naviguer beaucoup ensemble ces derniers mois, les automatismes ont été vite trouvés à bord et la complémentarité est flagrante entre l’expérience du navigateur armateur et la fougue du jeune skipper prometteur. Un duo qui fera tout pour donner le meilleur et garder le sourire jusqu’en Martinique.

« Un engouement sur la lancée du dernier Vendée Globe »

Fabrice : « Même si la semaine a été éprouvante avec la météo, j’ai l’impression qu’il y a eu une forte affluence au village, plus que lors des précédentes éditions. Je pense que nous sommes toujours sur la lancée du dernier Vendée Globe qui a été exceptionnel en matière d’audience. À terre, c’est déjà une bonne édition de la Transat Jacques Vabre. Il faut désormais que ce soit pareil en mer ! »

« Des objectifs mesurés et raisonnables »

Fabrice : « Ces derniers mois ont été mouvementés et nous n’avons pas eu l’opportunité de nous entraîner comme nous le souhaitions. Nos objectifs sont donc mesurés et raisonnables. Avec les conditions que l’on attend, le scénario de la course s’apparente davantage à une régate stratégique qu’à une transat difficile et éprouvante. Si cela se confirme, on peut tirer notre épingle du jeu. Mais je suis également confiant à l’idée d’affronter des conditions plus soutenues. Je connais bien le bateau, ses limites et Loïs a la fougue de la jeunesse. Je pense qu’on peut faire une bonne Transat Jacques Vabre ! »
Loïs : « Si nous parvenons à faire un beau parcours en menant bien le bateau sans faire de bêtise, je suis persuadé que l’on peut intégrer le ‘top 10’ à l’arrivée ! »

« Plus difficile pour les nerfs des marins que pour les bateaux ! »

Loïs : « Le parcours est nouveau et sera particulièrement intéressant avec la descente jusqu’au Brésil, le contournement de l’archipel de Fernando de Noronha puis l’arrivée jusqu’aux Antilles. Il y aura de nombreux passages qui seront déterminants dans la course. Il faudra veiller bien entendu à être bien concentré lors de la traversée du pot-au-noir. Et puis j’espère qu’il n’y aura pas autant de sargasses que lors de la Transat en Double que j’ai disputée au printemps dernier ! En matière de météo, ce sera compliqué mais pas pour des raisons automnales. Nous allons plutôt avoir un anticyclone à gérer donc ce sera davantage technique. Ce sera plus difficile pour les nerfs des marins que pour les bateaux. Il y aura plus de nœuds dans le cerveau que dans le cockpit ! »

« Trouver rapidement nos marques »

Fabrice : « Nous ne nous sommes jamais retrouvés uniquement à deux à bord puisque nous étions accompagnés d’un médiaman lors de la qualification et que des membres du team étaient présents lors des autres navigations. Mais je n’ai aucune inquiétude. Au-delà de ses qualités de compétiteur, je sais que Loïs est une personne très facile à vivre et je l’ai constaté à nouveau lors de la qualification. Je sais qu’on va rapidement trouver nos marques. »

Loïs : « Fabrice est armateur et skipper et je suis le co-skipper. J’aurai davantage tendance à vouloir être offensif et Fabrice devra me tempérer mais c’est de bonne guerre. Il a l’expérience des gros bateaux : les IMOCA sont des prototypes fragiles qu’il faut savoir ménager jusqu’au bout et ce sera intéressant de le réaliser. »

Loïs, la motivation d’un jeune premier

Loïs : « Il s’agit de ma 4e transatlantique en course et de ma 1ère participation à la Transat Jacques Vabre. Il y a forcément beaucoup d’excitation et j’essaie de l’aborder avec le plus de concentration possible. S’il y a de nombreuses différences entre le Figaro et l’IMOCA, cela fait appel aux mêmes qualités. D’ailleurs, la sélection Macif, qui comprenait une semaine de tests en matière de météo et de conditions physiques, s’est basée sur les éléments qui sont nécessaires à toutes les compétitions en course au large. Ce ne sera donc pas si éloigné de la transat qu’on s’apprête à disputer ! »

La « nouvelle dimension » scientifique du projet

Fabrice : « Nous avions installé un premier capteur pour mesurer le taux de CO2, la salinité et la température de l’eau en 2019, juste avant la dernière édition de la Transat Jacques Vabre. Depuis l’an dernier, nous mesurons aussi la concentration de microplastiques. Je crois que cette course incarne très bien la nouvelle dimension du projet qui compte à la fois un volet sportif et un volet citoyen. Et si cette course s’annonce passionnante sportivement, elle intéresse également beaucoup la communauté scientifique qui pourra s’appuyer sur nos relevés dans le cadre de leurs futures recherches. »

Loïs : « Il s’agit d’une opportunité supplémentaire afin de contribuer à la préservation des océans à laquelle nous sommes tous sensibles. Bien entendu, c’est un poids supplémentaire sur le bateau (30 kg) et cela oblige à des tâches quotidiennes supplémentaires. Mais la démarche dépasse la compétition, d’autant qu’elle met à profit les milles qu’on parcourt avec le bateau. Apporter notre contribution à la communauté scientifique, c’est une vraie valeur ajoutée à notre engagement. »

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