Pourquoi mesurer le CO2 dans nos océans ?

Depuis l’automne dernier, un capteur océanographique est installé à bord de l’IMOCA Newrest – Art & Fenêtres. Soutenu sur ce projet environnemental par Eléphant Bleu, ONET et Art & Fenêtres, Fabrice récolte des datas – notamment le CO2 – sur ses courses au large et en particulier le Vendée Globe 2020. Nous avons demandé au Dr Toste Tanhua de l’Institut Geomar, partenaire du projet, de nous expliquer l’utilité pour la communauté scientifique des données de CO2 mesurées par Fabrice.

Le CO2 est un marqueur direct des conséquences du réchauffement climatique sur nos océans. Ces derniers jouent en effet un rôle de puit de carbone : ils absorbent 25 à 30% des émissions anthropiques de CO2 et 90% de la chaleur excédante (Global Climate Indicator) ce qui entraine leur acidification. Ce rôle joué par l’océan est crucial pour réguler le réchauffement climatique, il est donc essentiel d’en mesurer les variations afin de quantifier le changement climatique et mieux l’endiguer.

Le 15 janvier dernier, Dr Toste Tanhua, notre partenaire scientifique de l’Institut GEOMAR en Allemagne, publiait les données collectées par Fabrice sur la Transat Jacques Vabre et son convoyage retour, sur la plateforme SOCAT (Surface Ocean CO₂ Atlas). Nous lui avons demandé ce que lui apportaient nos données mesurées au large, en course, et ce qu’elles nous apprenaient sur nos océans, véritables gardiens de notre planète.

« SOCAT est la base de données principale pour comprendre le mouvement du CO2 entre l’atmosphère et l’océan. Elle permet de comprendre combien de CO2 est absorbé par les océans chaque année », explique le Dr Toste Tanhua. Cette base de données scientifiques rassemble à ce jour 27 millions d’observations de CO2 océanique couvrant la période 1957-2018. 

Des données reprises dans le dernier rapport du GIEC :
« La tendance est sans équivoque »

Graphique d’évolution du puit de carbone océanique global de 1960 à 2016 Source : Global Carbon Project

A ce jour, les données SOCAT ont été reprises dans plus de 260 publications et 80 rapports internationaux, en particulier le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Elles servent aussi de support aux estimations annuelles du bilan de carbone planétaire (graphique ci-contre) ainsi qu’aux rapports annuels sur le climat.

« La tendance est sans équivoque au vu des courbes d’évolution du CO2 », explique Dr Toste Tanhua.

Créé en 2007, SOCAT est un outil approuvé par le système mondial d’observation de l’océan GOOS (Global Ocean Observing System). Le partage des données permet à la communauté scientifique internationale d’améliorer sa connaissance du sujet et la qualité de ses recherches.

Comprendre l’évolution des quantités de CO2 dans l’océan est essentiel pour modéliser le changement climatique et appliquer des solutions adaptées. Les constats les plus évidents des données récoltées sont les suivants : l’accumulation de CO2 dans l’océan, et l’acidification des eaux. « Cette acidification perturbe les écosystèmes marins, explique le Dr Toste Tanhua. L’une des valeurs ajoutées de la contribution de Fabrice est de combler les absences de données dans des zones retirées comme l’océan Austral ».

 

Catherine Chabaud apport son soutien au projet océanographique

Catherine Chabaud et Fabrice Amedeo se connaissent depuis 15 ans. Ancienne journaliste, comme Fabrice, Catherine a participé à deux Vendée Globe. Elle est récemment devenue député européen et a lancé l’appel pour l’Océan Bien commun de l’Humanité. Elle est venue à bord de l’IMOCA Newrest – Art & Fenêtres au départ de la Transat Jacques Vabre pour découvrir le capteur et soutenir le projet océanographique.

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