Le retour aux affaires

Le skipper de Newrest – Art & Fenêtres est remonté en 25e position du Vendée Globe ce mardi au milieu de l’océan Atlantique. De retour aux Sables d’Olonne au lendemain du départ, Fabrice Amedeo avait repris la route après deux jours et demi d’immobilisation avec 350 milles de retard sur l’arrière de la flotte. Depuis ce lundi, il est revenu au contact des derniers poursuivants. Une réelle satisfaction et une preuve manifeste de son abnégation.

Il y a ce que les mots disent et toute l’émotion qu’ils dissimulent. Appelé pendant les vacations, Fabrice Amedeo confiait ceci : « je suis content parce que j’avais l’impression d’être seul et pas en course. Retrouver de la proximité avec les concurrents, cela me fait beaucoup de bien. Ça marque mon retour dans la course. » L’enthousiasme est palpable, la voix plus légère. Sa progression s’est matérialisée cette nuit en dépassant par l’ouest un groupe de cinq concurrents (Ari Huusela, Alexia Barrier, Clément Giraud, Sébastien Destremau et Miranda Merron). Une victoire sportive et une bouffée d’air frais après 15 jours de compétition où il a fallu du courage, de la patience et une sacrée dose de détermination pour être là, mener bataille et mettre le cap sur le sud de l’Atlantique.

S’extraire des « griffes de l’Atlantique Nord »

Cette histoire d’un skipper qui ne lâche rien débute dans la nuit du 10 au 11 novembre. Une éternité pour tous ceux qui avaient déjà débuté le Vendée Globe. Newrest – Art & Fenêtres quitte alors le port des Sable d’Olonne : un second départ après deux jours et demi d’immobilisation à réparer une maudite avarie en tête de mât. Et puis, enfin, il peut larguer les amarres, bénéficier d’une « sortie du chenal galvanisante » et profiter de ces nombreux encouragements spontanés qui donnent la force de repartir. À bord, durant ces premières heures, « le sentiment de liberté et le bonheur de profiter de l’instant sont jubilatoires », écrit-il.

Mais dans cette « remontada » au cœur de l’Atlantique, rien n’est facile. Il y a cette première nuit à affronter des rafales de vent de 42 nœuds et le réseau informatique du bord mis hors service à réparer. Puis la difficulté de quitter la péninsule ibérique à cause du vent léger et d’une mer formée, la tâche ardue de contourner les débris de la dépression tropicale Thêta avec un safran qui fait des siennes dès que le bateau prend de la vitesse. Et les aléas de la météo qui n’offrent aucun répit et font creuser les écarts. Il en faut de la patience et de la ténacité pour enfin toucher les alizés et sortir de ce que Fabrice appelle « les griffes de l’Atlantique Nord ».

« Écrire une histoire de résilience » 

De ces journées d’attente forcée, Fabrice puise en lui des ressources impressionnantes. Ce n’est pas seulement un compétiteur qui est meurtri, c’est l’affaire d’un homme qui cherche un sens nouveau à la quête qui fait sa vie depuis des mois. Mais la mer offre ce qu’il faut pour retrouver le fil de l’enthousiasme. Le skipper de Newrest – Art & Fenêtres écrit : « la sérénité et le bonheur d’être en mer m’envahissent à nouveau ». Quelques jours plus tard, il dit savourer « ce sentiment de liberté et de légèreté propre au large ». Fabrice souhaite dès lors « écrire une histoire de résilience sur ce Vendée Globe ». « Peu importe les galères et les moments de doute, passés et à venir, écrit-il encore. Je vais me cramponner à ce nouvel objectif qui transcende tous les autres : terminer un deuxième tour du monde en solitaire. » 

Sur sa longue route, il y a désormais le Pot au Noir qu’il traverse pour la 8e fois. Et les conditions semblent bien moins clémentes que pour la tête de la flotte il y a quelques jours. Il va falloir s’armer de patience, encore, et faire face. Fabrice y est prêt et pointe l’ironie d’être confronté à de telles conditions de course quand il se qualifie lui-même « d’assez impatient ». Pourtant, le skipper de Newrest – Art & Fenêtres promet de continuer à s’accrocher. Et d’offrir ainsi une sacrée leçon de ténacité au milieu de l’Atlantique.

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