La formation météo pendant le confinement

Les dernières annonces gouvernementales laissent envisager le retour à l’eau de l’IMOCA Newrest – Art & Fenêtres dès la fin du mois de mai. L’équipe technique avance donc sur le chantier d’optimisation, tout en respectant les mesures de sécurité sanitaire. En parallèle, Fabrice Amedeo profite de ce temps de confinement pour poursuivre sa préparation sportive à terre et la formation météo. 

Fabrice Amedeo souhaite pouvoir se concentrer pleinement sur la préparation de son bateau et l’entrainement pour le Vendée Globe, dès qu’il sera de nouveau possible de naviguer. Il prend donc de l’avance sur tout ce qui peut être travaillé à terre : après le suivi scolaire de ses trois filles, la gestion de son entreprise et la coordination de son équipe, la préparation physique et la formation météo rythment ses semaines. « La formation météo et logiciels au sens large occupent la majeure partie de mon temps en ce moment, explique Fabrice. Adrena, Windy et Road Book Vendée Globe sont trois sujets importants dans la préparation du tour du monde sur lesquels on peut avancer depuis chez nous, derrière un ordinateur. »

Adrena et Windy : les outils indispensables du skipper du Vendée Globe

Les marins utilisent un logiciel de navigation et de cartographie nommé Adrena. Celui-ci permet notamment d’établir des routages, c’est à dire de calculer la route la plus rapide d’un point A (la position du bateau) à un point B (sa destination). Un algorithme calcule la ou les trajectoires optimales à partir de la force et de la direction du vent rencontré sur la route, de l’état de la mer, et surtout en fonction des vitesses potentielles du bateau selon les différentes conditions de vent. « Adrena évolue chaque année, il faut donc se mettre à niveau régulièrement, explique Fabrice. D’autre part, le logiciel ne fait pas tout. Il faut être capable de comprendre ce qui se passe et de faire bouger des variables : l’état de la mer que l’on peut observer en direct, la force du vent que l’on peut corriger si la prévision était optimiste, le potentiel du bateau suivant la fatigue du skipper (router à 95% ou au contraire à 80% du potentiel). Parfois, à peu de choses près, deux trajectoires très différentes se dessinent. C’est là que cela devient passionnant : quand le libre arbitre et l’analyse du marin prennent le relais du logiciel ».

Même démarche avec le site Windy, de plus en plus utilisé par les navigateurs pour télécharger des images satellite toujours plus précises. Ces images sont particulièrement importantes lors du passage dans les zones climatiques complexes comme le Pot au Noir, où les masses d’air de l’hémisphère nord rencontrent celles de l’hémisphère sud. Cette zone de convergence intertropicale s’étend de la pointe du Brésil jusqu’à la côte africaine. Les conditions météorologiques y sont instables, passant en quelques minutes du clame plat aux pluies diluviennes et aux vents violents. D’où l’intérêt de savoir interpréter au mieux les images satellites disponibles, afin d’anticiper les grains, les fronts et d’adapter la trajectoire du bateau et le choix des voiles.

Le Road Book du Vendée Globe

Une fois les outils informatiques maitrisés, place à la formation « Road Book Vendée Globe » avec Christian Dumard, météorologue et routeur de nombreux coureurs océaniques. « Nous nous retrouvons tous les lundis et jeudis après-midi pour deux heures de formation en visio avec cinq autres skippers de Lorient, explique Fabrice. On fait une sorte de tour du monde virtuel, en morcelant les zones géographiques. D’abord l’Atlantique Nord jusqu’à l’Équateur, ensuite l’Atlantique Sud, puis l’Océan Indien, le Pacifique, le passage du cap Horn et pour finir, la remontée vers les Sables d’Olonne. Pour chaque zone, il y a une partie théorique avec l’explication des différents phénomènes météo, comme le Pot au Noir, l’anticyclone de Sainte-Hélène ou les dépressions dans les mers du Sud. Il y a des scénarios à connaitre et il faut être capable de les identifier très en amont pour pouvoir se positionner par rapport à eux. Puis on passe à la partie pratique avec des routages, comme si on était en mer. On compare nos routes entre coureurs, ce qui permet de progresser ensemble », précise Fabrice.

 

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