Fabrice Amedeo vient à bout de la Vendée Arctique

Alors que la course a été raccourcie à cause d’une forte dépression qui balayait la flotte au large de l’Islande, Fabrice Amedeo est parvenu à franchir la ligne d’arrivée à la 19e place ce samedi à 21h12 après 6 jours 04 heures 12 minutes de course. En allant au bout de la première course qualificative pour le Vendée Globe 2024, le skipper Nexans – Art & Fenêtres a surtout pu éprouver son ‘foiler’ et gagner en expérience dans des conditions dantesques.  

L’apprentissage à marche forcée. Depuis le départ des Sables d’Olonne, dimanche dernier, le skipper de Nexans – Art & Fenêtres a poursuivi son apprentissage à bord de son foiler même si rien ne lui a été épargné. Après quelques heures lancé comme un boulet de canon, dans des conditions particulièrement propices à voler, il a dû faire face à plusieurs soucis. Un filet de pêche pris dans sa quille, puis un pilote automatique tout neuf un poil récalcitrant. Fabrice parle alors de « premières 24 heures agitées » sans perdre son enthousiasme.

« Le coucher de soleil vient de m’apporter l’espoir d’heures meilleures », écrit-il. La suite, c’est une dorsale, une longue zone de vent erratique qui bloque la flotte. « C’est une zone d’air compliquée à traverser », explique Fabrice qui s’évertue alors à « faire route à la perpendiculaire de l’axe de la dorsale pour en sortir le plus vite possible ». Il profite de cette accalmie pour « essayer de remettre d’aplomb » son pilote automatique. Puis, la course a repris du rythme, Nexans – Art & Fenêtres aussi. Direction l’Islande, à 64° Nord afin de « monter plus Nord qu’on descend au Sud lors du Vendée Globe », s’amuse Fabrice.

« UNE CONFIANCE TOTALE DANS MON BATEAU »

Sauf que les conditions se gâtent, la faute à une forte dépression venue du Sud-Ouest et qui s’apprête à déferler sur la flotte. La direction de course décide d’annuler le contournement de l’Islande jeudi puis de neutraliser la course vendredi avant de l’arrêter à la porte d’Islande, au Sud-Est de l’île. Mais pour la deuxième partie de la flotte, là où se situe Fabrice, les conditions y sont particulièrement délicates. Il faut y faire face pour aller au bout.

Avant de l’affronter, Fabrice avait expliqué « avoir une confiance totale » dans son bateau. Le duo qu’il forme avec son IMOCA a donc été mis à rude épreuve avec des vents de plus de 50 nœuds et des rafales jusqu’à 65 nœuds ! « C’est un peu chaud » explique-t-il vendredi, les yeux marqués par la fatigue. Ce samedi matin, il ajoute : « cette tempête, ça a été une sacrée expérience. Je me suis même posé la question de faire demi-tour en me demandant si c’était raisonnable de la traverser ». Il a été convaincu par son team manager, Éric Lamy, afin de poursuivre la course. Et au moment d’un passage de ligne à valeur de délivrance, il tient à le remercier. Car la mission est accomplie : Fabrice est allé au bout et il sait, au fond de lui, à quel point cette expérience a été précieuse pour lui. « Ça y est la ligne est franchie et le soleil revient. Je suis super fier d’avoir bouclé cette Vendée Arctique. Ça a été dur jusqu’au bout mais quelle récompense ! »

REACTION

« Forcément, je suis un peu déçu d’un point de vue comptable de ma place (19e). Ce n’est pas au niveau que j’ambitionnais et des efforts que j’ai fournis pendant cette course. Cette place en demi-teinte, je l’attribue notamment au fait que je ne maîtrise pas encore assez bien les plages d’utilisation des voiles. Et faute d’expérience et de recul, je commets des erreurs. Par ailleurs, j’utilise mes logiciels de routage (et ses polaires de vitesse) mais je n’arrive pas encore à exploiter le bateau à son plein potentiel. Donc il m’envoie sur des options qui m’induisent en erreur. Il y a donc un travail à faire sur le fait de mieux connaitre le potentiel du bateau et progresser.

Par ailleurs, je termine cette course de façon très positive. Je ne me suis pas découragé, j’ai pris cette tempête. C’était dantesque, en montant jusqu’à 65 nœuds. Je n’ai jamais eu autant de vent dans ma vie ! Le plus fort que j’avais eu, c’était 55 nœuds, au Cap Horn, en décembre 2017. Là, c’était une autre dimension ! Le fait de s’en sortir, d’aller au bout malgré ces conditions engagées, ça me donne une expérience de plus très importante pour l’avenir et énormément de confiance pour la suite. Sur la Guyader Bermudes 1000 Race en mai, je voulais retrouver du plaisir. Sur celle-ci, je voulais retrouver de la confiance et ça a été le cas. Maintenant, il va falloir capitaliser là-dessus pour continuer à travailler. »

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