Changement de monde

Un mois après le départ du Vendée Globe, Fabrice Amedeo poursuit sa progression dans l’Atlantique Sud. Après avoir longuement bataillé dans l’anticyclone de Sainte-Hélène, le skipper de Newrest – Art & Fenêtres est entré dans les 40èmes rugissants et file vers l’est. Poussé dès ce soir par une dépression, il bénéficie de conditions plus favorables pour se rapprocher du cap de Bonne-Espérance. 

 

La météo sait décidément se faire capricieuse. Alors que Fabrice Amedeo navigue désormais sous le 40ème parallèle de l’hémisphère Sud, un grand ciel bleu était perceptible ce mardi. Depuis deux jours, le skipper de Newrest – Art & Fenêtres naviguait pourtant « entre deux mondes : celui de l’anticyclone et celui des dépressions australes. »Fini le mercure estival d’il y a quelques jours au large de la côte brésilienne. Désormais, il faut s’adapter au froid et au ciel bas et menaçant. Hier, Fabrice avait sorti sa chapka de trappeur et testé pour la première fois le chauffage installé à bord. Ainsi débute son arrivée dans ce qu’il décrit comme « le royaume du gris ». 

« Le monde de l’ombre et du gris »

Il a fallu s’accrocher, longtemps, pour vaincre les affres de l’anticyclone de Sainte-Hélène et ses vents faibles : « Je quitte le monde du bleu pour arriver dans celui de l’ombre et du gris. C’est un sentiment particulier de quitter cette région. Elle aura joué avec mes nerfs mais elle constituait une sorte de cocon protecteur contre les assauts à venir du Grand Sud. Je l’ai aimée et détestée tour à tour. »  

Fabrice continue de mener un groupe de huit skippers, répartis sur près de 600 milles, lui qui progressait à 12 nœuds de moyenne ces dernières heures. « Le moral est bon », confiait-il dans une vidéo envoyée ce mardi. D’autant que les conditions devraient l’aider à gagner en vitesse : « d’ici ce soir, je vais empanner pour faire route vers l’est et bénéficier d’une dépression qui est à mes trousses ». Newrest – Art & Fenêtres semble en aussi bonne forme que le skipper qui s’attache à préserver sa monture. « J’ai passé hier un grand moment accroché au bout de ma bôme pour resserrer des éléments nécessaires à la réduction de voilure à bord », confiait-il d’ailleurs.

Un mois de compétition riche en émotions

C’est donc là, au cœur de l’Atlantique Sud qui lui a permis d’entrevoir la terre – et l’île de Tristan da Cunha dimanche dernier – que Fabrice Amedeo achève son premier mois de Vendée Globe. Il en aura connu des péripéties, des moments de doute, des bribes d’appréhension. Pourtant, le skipper a toujours tenu bon, en ne lâchant rien de ce rêve qu’il a cultivé depuis quatre ans maintenant : boucler son 2e tour du monde.

Une journée symbolique, un combat concret 

En se lançant dans ce nouveau projet, Fabrice avait souhaité s’engager, participer à la protection des océans et de notre planète. À chacun ses mots et ses actes pour y parvenir. Le skipper de 42 ans, lui, a décidé d’équiper son bateau de deux capteurs océanographiques* afin d’aider la communauté scientifique internationale. L’un pour récolter des microplastiques, l’autre pour mesurer le CO2, la température et la salinité tout au long de son parcours. Ces données permettront aux scientifiques de mieux comprendre les impacts de la pollution et du réchauffement climatique sur les océans. « Mes capteurs tournent depuis le départ, 24h sur 24, pour produire des datas », explique-t-il dans une vidéo en ce mardi 8 décembre, décrété journée mondiale du climat.

*installés à bord de Newrest – Art & Fenêtres avec le soutien d’Onet et Éléphant Bleu

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